Faille Ivanti Connect Secure CVE-2026-111357 : chaîne exploitée, versions 25.1.1.3 et 22.8R2.6 à installer
Ivanti Connect Secure : CVE-2026-104935, CVE-2026-111357 et CVE-2026-118527 enchaînées et exploitées (CISA KEV). Versions corrigées, mesures et contrôles.

La réponse courte : le VPN Ivanti Connect Secure est la cible d’une chaîne de trois failles déjà exploitée. CVE-2026-104935, un contournement d’authentification menant à l’exécution de commandes, a été corrigée le 13 octobre 2026. Le 29 octobre, Ivanti a corrigé les deux autres maillons, CVE-2026-111357 (élévation de privilèges jusqu’à root) et CVE-2026-118527 (dépôt de fichiers à un emplacement prévisible). La CISA les a ajoutées à son catalogue des vulnérabilités exploitées le 30 octobre. Si votre passerelle est en 25.1.1.2 ou en 22.8R2.5, versions installées en urgence mi-octobre, elle reste vulnérable : il faut passer en 25.1.1.3 ou 22.8R2.6, puis vérifier qu’elle n’a pas été compromise.
Au Maroc, Connect Secure (ex-Pulse Secure) reste présent dans des organisations qui l’ont déployé pour le télétravail ou l’accès des prestataires. Voici ce que disent l’éditeur, la CISA, le chercheur Volexity et le maCERT de la DGSSI, et ce qu’il faut faire.
Ce qui est touché
| Produit | Versions touchées | Version corrigée |
|---|---|---|
| Ivanti Connect Secure 25.1.1.x (ISA6000, ISA8000) | 25.1.1.2 et antérieures | 25.1.1.3 |
| Ivanti Connect Secure 22.8 | 22.8R2.5 et antérieures | 22.8R2.6 (ou migration vers 25.1.1.3) |
| Ivanti Connect Secure 25.1.2.x | 25.1.2.2 et antérieures (CVE-2026-104935) | 25.1.3.0 ou 25.1.3.1 |
| Ivanti Connect Secure 25.1.3.0 et ultérieures (ISA4500, ISA6500, ISA8500) | non concernées selon Ivanti | aucune action liée à cette alerte |
| Ivanti Connect Secure 22.7.X et antérieures | non concernées selon Ivanti | migration à planifier (fin de vie le 31 janvier 2027) |
Source : avis de sécurité Ivanti 000109571, mis à jour le 29 octobre 2026. Les correctifs se téléchargent depuis le portail de licences Ivanti (ILS).
Le détail des trois failles, tel que publié par Ivanti :
- CVE-2026-104935 : contournement d’authentification par usurpation (CWE-290), permettant à un attaquant distant non authentifié d’exécuter des commandes. Score CVSS 8.6 (élevé).
- CVE-2026-111357 : absence d’authentification sur une fonction critique (CWE-306, CWE-862, CWE-345), permettant à un attaquant local authentifié d’élever ses privilèges. Score CVSS 8.8 (élevé).
- CVE-2026-118527 : noms de fichiers prévisibles (CWE-340), permettant à un attaquant distant authentifié de déposer un fichier au contenu contrôlé à un emplacement connu. Score CVSS 4.3 (moyen).
Prises isolément, les deux dernières supposent un accès préalable. Enchaînées à CVE-2026-104935, elles donnent selon la CISA une exécution de commandes à distance sans authentification, avec vol d’identifiants et exfiltration de données.
Gravité et exploitation
- Exploitation confirmée : Ivanti indique avoir connaissance d’une exploitation affectant un nombre limité de clients lorsque les trois failles sont enchaînées.
- Catalogue CISA KEV : CVE-2026-104935 y figure depuis le 13 octobre ; CVE-2026-111357 et CVE-2026-118527 y ont été ajoutées le 30 octobre 2026, avec des échéances au 2 et au 13 novembre pour les agences fédérales américaines. La CISA exige une analyse forensique pour CVE-2026-111357.
- maCERT : le bulletin 69521410/26 du 14 octobre classe CVE-2026-104935 à un niveau de risque et d’impact critique. À la date de cette alerte, nous n’avons pas trouvé de bulletin maCERT dédié aux deux failles corrigées le 29 octobre.
- Ce qu’a observé Volexity : sur une passerelle à jour à l’époque (22.8R2.4), l’attaquant a obtenu les droits root, puis a extrait les identifiants Active Directory utilisés par le VPN, recherché les mots de passe LAPS et les clés de récupération BitLocker, capturé le trafic LDAP et lancé des attaques par pulvérisation de mots de passe. Il a ensuite effacé ses traces dans les journaux de l’équipement.
Les mesures d’attente, si la mise à jour doit attendre
Ivanti ne publie pas de contournement : la seule correction est la mise à jour. En attendant la fenêtre de maintenance :
- Sauvegarder la configuration de la passerelle avant toute intervention.
- Restreindre l’accès à l’interface d’administration au seul réseau d’administration.
- Surveiller le compte de service Active Directory utilisé par le VPN : toute requête LDAP inhabituelle ou toute tentative de connexion vers d’autres serveurs doit déclencher une analyse.
- Préparer la suite : la branche 25.1.3.0 impose les nouvelles appliances ISA4500, ISA6500 ou ISA8500, ou un nouveau modèle de machine virtuelle. Ce chantier se prévoit avant la fin de vie du 31 janvier 2027.
Les vérifications à faire
- Contrôler la version réellement en service sur chaque nœud, y compris les passerelles de secours ou de reprise d’activité.
- Ne pas se fier au seul Integrity Checker Tool : l’attaque modifie la mémoire, pas le disque. Ivanti renvoie aux indicateurs publiés par Volexity, qui citent notamment un dossier caché
/data/.icscap/, un processusdsstatmondqui capture le trafic, des scripts Python dans/tmp/et des requêtes vers/dana-na/auth/url_default/welcome.cgiportant un en-têteX-DSCGI-PATH. - Examiner le réseau interne : connexions LDAP ou Kerberos inhabituelles depuis l’adresse interne du VPN, échecs d’authentification en série sur de nombreux comptes.
- En cas de doute, suivre la procédure de la CISA : sauvegarder la configuration, réinitialiser l’équipement en usine et le mettre à jour (reconstruire l’instance pour une version virtuelle ou cloud), restaurer la configuration, puis réinitialiser les mots de passe du domaine, des administrateurs et des comptes locaux, révoquer et réémettre les certificats stockés, et renouveler les clés d’API.
Notre lecture pour les entreprises au Maroc
Une passerelle VPN est un point d’entrée direct vers l’annuaire et les serveurs. Cette affaire montre deux pièges : une mise à jour faite une seule fois dans l’urgence, et la confiance dans un outil de contrôle qui ne voit pas une attaque en mémoire. Elle rappelle aussi qu’un VPN connecté à l’annuaire avec un compte de service trop privilégié expose tout le domaine.
Pour aller plus loin, lisez notre guide sur le VPN d’entreprise, l’IPsec et le ZTNA, notre méthode de gestion des correctifs, notre plan de réponse à incident pour la première heure et nos conseils sur l’authentification multifacteur. Pour les organismes concernés, la loi 05-20 et les exigences de la DGSSI imposent de traiter ces bulletins, et une supervision et un EDR managés 24/7 aident à repérer un mouvement latéral depuis le VPN.
Comment nous pouvons vous aider
Nous vérifions la version de vos passerelles d’accès distant, planifions la mise à jour, recherchons les indicateurs publiés et sécurisons les comptes de service liés à l’annuaire. Si la migration vers une autre solution d’accès distant est envisagée, nous l’étudions avec vous. Nous assurons ensuite la supervision 24/7, avec une prise en charge des incidents critiques en moins de 15 minutes. Découvrez notre approche de la cybersécurité des entreprises au Maroc, puis demandez votre audit initial offert : nous vous répondons sous 24 h ouvrées.
Sources : avis de sécurité Ivanti Connect Secure (CVE-2026-104935, mis à jour le 29 octobre), catalogue CISA KEV, alerte CISA sur Ivanti Connect Secure, maCERT : bulletin 69521410/26, NVD CVE-2026-111357, NVD CVE-2026-118527, Volexity.
Questions fréquentes
J’ai installé le correctif du 13 octobre, suis-je protégé ?
Pas entièrement. Les versions 25.1.1.2 et 22.8R2.5 corrigent CVE-2026-104935, mais Ivanti les liste comme touchées par CVE-2026-111357 et CVE-2026-118527. Il faut passer en 25.1.1.3 ou en 22.8R2.6, publiées le 29 octobre 2026.
La chaîne de failles est-elle exploitée ?
Oui. Ivanti indique avoir connaissance d’une exploitation affectant un nombre limité de clients lorsque les trois failles sont enchaînées. La CISA a ajouté CVE-2026-111357 et CVE-2026-118527 à son catalogue KEV le 30 octobre 2026, après CVE-2026-104935 le 13 octobre, et le maCERT de la DGSSI a qualifié CVE-2026-104935 de vulnérabilité critique activement exploitée.
L’outil Integrity Checker d’Ivanti suffit-il à vérifier mon équipement ?
Non. Volexity et la CISA expliquent que l’attaquant modifie la mémoire sans toucher aux fichiers sur disque, puis efface ses traces dans les journaux. L’Integrity Checker Tool peut donc ne rien signaler. En cas de doute, une analyse forensique de la mémoire et du réseau est nécessaire.
Mon Connect Secure en version 22.7 est-il concerné ?
Selon Ivanti, les versions 22.7.X et antérieures ne contiennent pas ces vulnérabilités. La branche 22.7, comme la 22.8, arrive en fin de vie le 31 janvier 2027 : il faut planifier dès maintenant la migration vers la branche 25.1.
À propos de la rédaction
ALLSAFE SOLUTIONS
Ingénieurs réseau, sécurité et cloud
Rédigé par l’équipe d’ingénieurs d’ALLSAFE SOLUTIONS, infogérant fondé à Casablanca par des ingénieurs réseau, sécurité et cloud. Nos articles s’appuient sur les projets que nous menons chez nos clients, au Maroc comme à l’international.
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